Sommes-nous tous devenus croyants (de l’église médicale) ?

  

(La version PDF de mon livre reste disponible au téléchargement)


Sommes-nous tous devenus croyants ?

L’église médicale : une religion inconsciente

 (version PDF imprimable)

On ne peut pas être libre et ignorant.

- Thomas Jefferson

 

- Comment en est-on arrivé là ?

- Comment le Covid 19 a-t-il pu transformer à ce point notre mode de vie et notre société ?

- Comment est-il possible, dans une démocratie, en aussi peu de temps, d’imposer autant de contraintes et de restrictions des libertés fondamentales, sur la base d’informations incohérentes et contradictoires, au mieux douteuses, au pire fausses ou mensongères ?

med

Une partie de la réponse se trouve dans un tout petit livre que j’ai publié en 1998, intitulé Médecine, religion et peur : l’influence cachée des croyances, dont je vous offre la version PDF (cf lien ci-dessus), puisque l’édition papier est épuisée depuis longtemps.

 

Pour vous le présenter, permettez-moi de revenir d’abord un peu en arrière.

La genèse de cet opuscule remonte à 1992, au moment où je découvre un titre majeur à mes yeux, La mythologie programmée,  de Marie-Dominique Perrot, Fabrizio Sabelli et Gilbert Rist, respectivement sociologues et anthropologue.

La thèse de ces auteurs, si je la reformule ici très succinctement, est que nous vivons dans l’illusion d’être une société ayant collectivement dépassé le stade du religieux et de la croyance, et étant désormais régie par la raison, la science et les faits.

Pourquoi une illusion ?

Parce qu’en brisant le flacon du religieux, nous en avons seulement détruit la forme extérieure, mais nous en avons laissé le contenu, comme un parfum, se répandre et imprégner toutes nos activités profanes ! À défaut de se canaliser sur des supports appropriés, nos élans religieux – qui subsistent comme chez tout être humain doué d’affect – se sont ainsi transposés sur à peu près tout : le cinéma, la chanson, le sport, la politique, l’écologie, la laïcité… et même la science, dont Rupert Sheldrake a magistralement mis en évidence les croyances de base, qui en régissent l’exercice à l’insu de tous (son livre, The Science Delusion – L’illusion scientifique – a été traduit en français par Réenchanter la science, ce qui en dit long sur ce profond malaise à accepter ce qu’il dénonce). Autrement dit, le religieux est devenu inconscient pour une majorité d’entre nous : nous ne discernons pas nos croyances, nos superstitions, nos rituels quotidiens, aveuglés par l’illusion de nous en remettre qu’à la raison, à la logique, aux faits. En cela, loin d’être une société en avance sur les autres qui sont encore sous influence religieuse d’Etat, comme nous nous en glorifions, nous avons en réalité reculé puisque le religieux s’exerce chez nous à notre insu… et ce n’est jamais une bonne chose, demandez à n’importe quel psy ! Nous avons refoulé le religieux, mais il n’est pas mort, il est même plus vivant que jamais, mais sous des formes qui nous échappent et qui oeuvrent contre nous.

Je fais volontairement très court, pour en venir à mon sujet, tout en vous incitant à découvrir ce livre très riche d’exemples extrêmement frappants. À sa lecture en 1992, j’ai découvert une énorme lacune dans La mythologie programmée, qui m’a surpris. Les auteurs, qui détaillent avec talent de nombreuses manifestations de ce religieux inconscient, ne disent en effet rien… de la médecine. À ce jour, je ne comprends toujours pas comment ils ont pu passer à côté de ce qui est en réalité la manifestation la plus évidente et la plus complète de ce report du religieux sur des supports profanes ! Celle aussi dont les conséquences sont inconstestablement les plus importantes, vu le rôle de la médecine dans notre existence quotidienne.

Quelques années plus tard, en 1998, une votation a eu lieu en Suisse (dont je suis originaire) sur les manipulations génétiques, qui a suscité les débats les plus houleux, les plus émotionnellement intenses que j’aie jamais observés dans mon pays, peu habitué à ce genre de démonstrations. À cette occasion, j’ai exposé succinctement dans un courrier de lecteur à la Tribune de Genève que ce qui se jouait relevait en réalité du religieux inconscient, d’où cette tonalité émotionnelle extrêmement virulente. Ce courrier m’a valu tant de réactions enthousiastes qu’il m’a conduit la même année à le développer dans ce petit livre intitulé Médecine, religion et peur.

Comme le résume le 4e de couverture de ce livre :

Sempé 2

La médecine moderne depuis Pasteur – « bon berger » de la nouvelle église – s'est développée selon les mêmes lignes de force que la religion catholique, dont elle a adopté les croyances, les dogmes, les rites et pratiques, sous des formes à peine différentes, devenant ainsi une sorte de religion masquée :

- le médecin a pris la place du prêtre ;

- la recherche de la santé remplace la quête du salut ;

- l'espoir de l'immortalité (par clonage, manipulations génétiques, etc.) l'emporte sur l'attente de la vie éternelle ;

- la vaccination joue le même rôle initiatique que le baptême ;

- et un hypothétique vaccin universel sauvera demain l'humanité de toutes les maladies, comme le Sauveur a racheté tous les péchés du monde.

Le pouvoir médical est aujourd'hui allié à l'État, comme l'était hier l'Église. Les « charlatans » sont poursuivis comme les « hérétiques » d'autrefois, et le dogmatisme prévaut sur l'ouverture à des théories «pas catholiques». Un même esprit de déresponsabilisation caractérise le discours médical actuel et les sermons du passé. L'homme est aujourd'hui aliéné de son corps comme hier de son âme. Il continue d'être manipulé par la peur et par des espoirs infantiles.

 

À mon étonnement, ce livre a reçu à sa sortie un accueil très favorable de nombreux médecins et professeurs de médecine (il a même été recensé élogieusement dans Le quotidien du médecin), qui m’ont remercié de les avoir aidés à comprendre enfin ce qui se jouait réellement dans leurs cabinets de consultation. Ils percevaient intuitivement cette superposition du religieux et du médical, et mon livre venait mettre des mots sur leur ressenti. (Lire notamment ce témoignage récent du Dr Michaël Ramain sur ce qu’il appelle Autopsie de la Vocation.)

En effet, si elle s’appuie sur certaines sciences, la médecine n’en est pas une elle-même, contrairement à ce qu’on pourrait penser. C’est avant tout un art, dans lequel le subjectif et l’humain jouent un rôle au moins aussi crucial que les médicaments et les technologies mis en œuvre. La médecine est en large partie affaire de croyances, comme le développe remarquablement le Dr Lewis Mehl-Madrona, dans ses livres Ces histoires qui guérissent et La médecine narrative. Si vous ne croyez pas à un traitement, si vous n’avez pas confiance dans votre médecin, ça ne marche pas. Nous ne sommes pas des machines, des mécaniques : nous sommes des êtres vivants, animés de pensées et de sentiments dont le rôle est déterminant dans notre physiologie.

En calquant la médecine moderne sur les dogmes et croyances catholiques, dont il était un fervent adepte, Pasteur a fait preuve de génie : le parallélisme parfait entre ces deux institutions a permis l’assimilation collective de la seconde avec une facilité et une évidence remarquables. À tel point que même chez tous ceux qui, aujourd’hui, se disent athées ou agnostiques, il y a quelque chose de familier, de rassurant et de crédible dans le discours de la médecine moderne, tellement il fait écho à nos traditions religieuses. Nous sommes ainsi enclins à adhérer à ses dogmes, en les prenant autant pour des vérités infaillibles que les dogmes religieux autrefois.

En définitive, la réalité – aussi difficile soit-elle à avaler – est que la médecine moderne s’apparente bien davantage à une religion qu’à une science. À ce titre, elle fait de nous, de tous ceux qui y adhèrent, des croyants, des pratiquants, animés des mêmes espoirs et des mêmes peurs qui caractérisent la pratique religieuse sous nos latitudes depuis des siècles. L’intensité émotionnelle des débats autour du Covid-19 depuis des mois en est la parfaite illustration. Croyants contre hérétiques ! Fidèles contre charlatans !

 

- Comment en est-on arrivé là ?, demandais-je en début d’article.

Vous avez maintenant la réponse.

Dans une société où c’est la croyance qui prédomine, c’est-à-dire où l’émotionnel prend le dessus sur la raison, et la superstition sur la science pure, la manipulation est un jeu d’enfant. On parle à tort depuis des décennies de « lavage de cerveau ». Non, ce n’est pas le cerveau que vise une manipulation efficace : c’est le cœur, c’est l’affect, c’est l’émotionnel. C’est exactement ce que nous vivons depuis des mois. La peur, la peur et encore la peur, alimentée chaque jour par les médias. Peur d’être contaminé, peur de tomber malade, peur de mourir, peur de l’autre, peur de perdre son emploi, peur de voyager, peur de se toucher, de se faire la bise, peur, peur, peur. Et parallèlement l’espoir aussi, bien sûr : espoir d’être épargné, espoir d’un vaccin, espoir d’un traitement, espoir que les experts vont nous sortir de là… sans que nous ne puissions rien faire par nous-mêmes, dans l’intervalle.

- Comment se fait-il que depuis six mois personne ne nous dise comment renforcer individuellement notre immunité ?

Rien dans les médias dominants, journaux, TV, radios. Zéro, nada. Il faut connaître la presse et les sites Internet spécialisés pour découvrir tout ce qu’il est pourtant facile de faire pour rester en bonne santé, pour booster son système immunitaire.

Dans la religion médicale dominante, vous ne pouvez rien faire vous-même pour votre santé. Vous devez passivement attendre qu’on vous sauve, comme dans la religion autrefois. La santé, comme le salut, ne vous est pas accessible par vous-même. Il vous faut un intermédiaire, une aide extérieure. Vous êtes faible, démuni, dépendant.

- Pourquoi serions-nous obligés d’adhérer à ce credo-là ?

Tant qu’à être des croyants, puisque s’affilier à une médecine implique toujours un certain degré de foi en elle, il est grand temps de revendiquer une laïcité médicale qui soit l’équivalent de celle qui existe dans le domaine religieux depuis 1905. De même que nous sommes libres aujourd’hui d’être bouddhistes, chrétiens, juifs, musulmans, athées, agnostiques, adeptes du chamanisme, de l’hindouisme ou du shintoïsme, sans plus encourir les foudres d’une église dominante, chacun de nous doit pouvoir librement choisir la ou les médecines avec lesquelles il entend se soigner, et pouvoir y adhérer en conscience, sans être contraints de nous soumettre à des dogmes et à des pratiques avec lesquels nous ne sommes pas en accord. À côté de la médecine moderne, à laquelle peuvent toujours recourir ceux et celles qui le désirent, doivent pouvoir être librement accessibles l’homéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie, l’aromathérapie, la naturopathie, et nombre d’autres thérapeutiques qui ont fait leurs preuves, sans que l’Etat se mêle d’imposer à quiconque une religion médicale, ni de combattre les autres comme c’est actuellement encore le cas.

Il est dans la nature du cœur humain de croire, comme dans celle de notre cerveau de penser. Alors, tant qu’à faire, associons les deux. Croyons, mais croyons en conscience, croyons tout en exerçant notre discernement, hors tout fanatisme et tout aveuglement. Hors toute contrainte, aussi : laissons les autres croire et mettre en pratique ce qu’ils veulent, en matière de médecine, de soins et de traitements, comme nous pouvons le faire en matière de religion.

- Olivier Clerc 

 

Mon livre en PDF :

- en français :
http://blog.olivierclerc.com/download/MedRelPeur_OC.pdf
- in English : 
http://blog.olivierclerc.com/download/MedRelFinal.pdf

 

© Olivier Clerc, 2012-2020, tous droits réservés - Contact